La zone septentrionale de la Côte d’Ivoire, précisément les régions frontalières du Burkina Faso et du Mali, s’identifient par leurs richesses culturelles et leur importance économique. Cette partie connait des mutations écologiques et sociétales profondes dues au changement climatique. Dans ce contexte, la transhumance, pratique ancestrale d’élevage, est devenue une source croissante de tensions entre agriculteurs et éleveurs. L’objectif de cette contribution est de voir comment les effets du changement climatique sur la transhumance influencent la sécurité en termes de stabilité politique, sociale et économique tant au niveau régional que national. La méthodologie appliquée pour cette étude s’appuie sur une enquête qualitative à partir des entretiens semi directifs sous la forme de focus group auprès des catégories socio professionnelles telles que les éleveurs, les agriculteurs et des entretiens avec les propriétaires terriens et les structures d’encadrement du monde rural à Kalamon, dans le département de Doropo, à Togoniéré et Sokolo dans le département de Kong puis à Gôgô dans le département de Téhini. Les résultats montrent que la transhumance, pratique ancestrale d’élevage, est devenue une source croissante de tensions entre agriculteurs et éleveurs, exacerbée par la rareté des ressources naturelles. Ces dynamiques entraînent des répercussions majeures sur la sécurité nationale. Il s’agit de conflits communautaires, de criminalité transfrontalière et de fragilité sociale. Cette situation nécessite une gestion proactive et inclusive de tous les acteurs agissant dans les domaines de l’élevage et l’agriculture. Une telle mesure associée à des politiques adaptatives et des initiatives locales contribuera à atténuer les impacts et apaiser le climat dans cette partie du pays.
The northern part of Côte d’Ivoire, specifically the regions bordering Burkina Faso and Mali, are characterized by their cultural wealth and economic importance. This area is undergoing profound ecological and societal changes because of climate change. In this context, transhumance, an ancestral livestock-raising practice, has become a growing source of tension between farmers and herders. The aim of this contribution is to study how the effects of climate change on transhumance influence security in terms of political, social and economic stability at both national and local levels. The methodology applied for this study is based on a qualitative survey using semi- directive interviews in the form of focus groups with socio-professional categories such as herders and farmers, and interviews with landowners and rural management structures in Kalamon, in the department of Doropo, in Togoniéré and Sokolo in the department of Kong and in Gôgô in the department of Téhini. The results show that transhumance, an ancestral livestock-raising practice, has become a growing source of tension between farmers and herders, exacerbated by the scarcity of natural resources. These dynamics have major repercussions for national security. These include community conflicts, cross-border crime, and social fragility. This situation requires proactive and inclusive management by all stakeholders involved in livestock and agriculture. Such a measure, combined with adaptive policies and local initiatives, will help mitigate the impacts and calm the climate in this part of the country.