L’intégration des migrants est souvent abordée du point de vue professionnel. La thématique de descendance de migrants, considérée dépendante et parfois assimilée à la notion de migrant elle-même, est peu évoquée en Côte d’Ivoire. Pourtant cette thématique revêt une importance cruciale dans le contexte contemporain, marqué par la mobilité croissante des populations et les dynamiques complexes qui en découlent. La présente étude s’intéresse alors aux descendants de migrants. Elle a donc pour objectif d’analyser les conditions de leur intégration dans l’environnement socioéconomique et culturel de Jacqueville. Pour obtenir les résultats, la méthodologie déployée s’est appuyée d’une part sur l’enquête documentaire ; ce qui a permis d’élaborer le cadre théorique. D’autre part, elle s’est servie des données d’enquêtes de terrain. Des informations ont été collectées à l’aide d’entretiens semi-directifs et d’un questionnaire. L’échantillon élaboré a comporté 383 ménages. Le choix des personnes interrogées s’est fait en tenant compte de l’âge, du milieu de résidence et de la nationalité. Les résultats de l’étude révèlent une intégration partielle des descendants de migrants à Jacqueville. Ils indiquent une exclusion presque totale de ces derniers dans l’administration sociopolitique traditionnelle dans la plupart des sociétés rurales de Jacqueville. Ils soulignent quelques tensions opposant les migrants aux autochtones surtout en milieu rural et révèlent que leur insertion en milieu urbain est plus aisée qu’en milieu rural. Les résultats indiquent que les descendants de migrants ont élaboré des stratégies pour faciliter leur intégration. L’étude révèle aussi, une intégration économique et culturelle presque parfaite des descendants de migrants et montre qu’ils ont les mêmes droits d’accès aux espaces publics et lieux de culte que les autochtones. Elle souligne que parmi eux, 31,5% possèdent des terres, 32% ont contracté des mariages avec des autochtones et 71% pratiquent aisément les langues locales. Ils participent à l’économie locale à 40% en moyenne et créent des emplois.
The integration of migrants is often approached from a professional point of view; the notion of descendants of migrants, considered dependent and sometimes assimilated to the notion of migrant itself, is rarely mentioned. This study therefore focuses on the descendants of migrants. It therefore aims to analyze the conditions of their integration into the socio-economic and cultural environment of Jacqueville. The sample drawn up included 383 households. The choice of respondents was made taking into account age, place of residence and nationality. To obtain the results, the methodology deployed was based on the one hand on the documentary survey; which made it possible to develop the theoretical framework. On the other hand, it used data from field surveys. Information was collected using semi-structured interviews and a questionnaire. The results of the study reveal a partial integration of the descendants of migrants in Jacqueville. They indicate an almost total exclusion of the latter in the traditional socio-political administration in most rural societies of Jacqueville. They highlight some tensions between migrants and natives, especially in rural areas, and reveal that their integration into urban areas is easier than in rural areas. The results indicate that the descendants of migrants have developed strategies to facilitate their integration. The study also reveals an almost perfect economic and cultural integration of the descendants of migrants and shows that they have the same rights of access to public spaces and places of worship as natives. She points out that among them, 31.5% own land, 32% have contracted marriages with natives and 71% speak the local languages easily. They participate in the local economy by an average of 40% and create jobs.