Le texte présente une étude sur l’utilisation informelle des espaces publics à Soubré, une ville du Sud-Ouest de la Côte d’Ivoire. Alors que les autorités locales tentent de créer des espaces destinés à favoriser la rencontre, la vie communautaire et les activités économiques, les habitants semblent adopter des pratiques qui contredisent ces objectifs. Ces espaces publics se sont transformés en dépotoirs, en lieux de pâturage pour le bétail, en zones de commerce informel et en sites de séchage de produits agricoles. L’étude vise à comprendre les facteurs qui sous-tendent le développement de ces pratiques informelles dans les espaces publics de Soubré. Pour cela, une méthodologie combinant observation directe et indirecte, recherche documentaire, entretiens et enquêtes de terrain a été utilisée. Au total, 300 personnes ont été interrogées, dont 150 commerçants illégaux et 150 usagers des espaces publics à partir de la méthode de convenance, répartis dans cinq quartiers différents. Les résultats montrent que les espaces publics de Soubré sont largement détournés de leurs fonctions initiales. Les pratiques informelles des habitants sont principalement dues à l’insuffisance des infrastructures formelles et au laxisme des gestionnaires responsables de ces espaces. De plus, l’occupation anarchique de ces lieux a des conséquences tant sociales qu’environnementales, soulignant la nécessité d’une approche scientifique pour comprendre et résoudre ces enjeux. L’étude met donc en lumière un problème complexe qui nécessite une attention particulière pour améliorer la gestion des espaces publics et favoriser un développement urbain durable à Soubré.
The text presents a study of the informal use of public spaces in Soubré, a town in south-west Côte d’Ivoire. While the local authorities are trying to create spaces designed to encourage encounters, community life and economic activities, the inhabitants seem to be adopting practices that contradict these objectives. These public spaces have become dumping grounds, grazing grounds for livestock, informal trading areas and drying sites for agricultural produce. The study aims to understand the factors underlying the development of these informal practices in Soubré’s public spaces. To achieve this, a methodology combining direct and indirect observation, documentary research, interviews and field surveys was used. A total of 300 people were interviewed, including 150 illegal traders and 150 users of public spaces using the convenience method, in five different neighbourhoods. The results show that Soubré’s public spaces are largely diverted from their original functions. The informal practices of the inhabitants are mainly due to the inadequacy of the formal infrastructure and the laxity of the managers responsible for these spaces. Moreover, the anarchic occupation of these areas has both social and environmental consequences, underlining the need for a scientific approach to understanding and resolving these issues. The study therefore highlights a complex problem that requires particular attention in order to improve the management of public spaces and promote sustainable urban development in Soubré.