Les aires protégées au Togo à l’instar du complexe Oti-Kéran-Mandouri sont créées pour la préservation de la biodiversité. Mais, celles-ci connaissent une dégradation accrue ces dernières années suite à leur invasion par les populations riveraines pour l’exploitation agricoles, l’exploitation forestière à des fins des bois d’œuvre, de chauffe et le braconnage créant ainsi un enjeu de sa préservation. C’est dans ce sillage que cette recherche se propose d’étudier la variabilité spatiotemporelle du complexe Oti-Kéran- Mandouri. La méthode basée sur la télédétection a été adoptée pour atteindre cet objectif. Elle a consisté à l’acquisition des images Landsat 5 TM de 1987, Landsat 7 ETM+ de 2002 et Landsat 8 OLI-TIRS de 2022. La classification supervisée de ces images a permis de réaliser les cartes d’occupation en ces différentes dates comportant six unités d’occupations des terres conformément au nombre de classes définis. L’analyse de la dynamique du paysage a permis de constater le recul des formations naturelles au profit des installations humaines. Les forêts claires et savanes boisées sont passées de 43653,39 ha en 1987 à 17519,22 ha en 2002 soit un taux d’expansions annuel de -6,09 % et à 2507,58 ha en 2022 (-9,72 %). Par contre les champs et enclaves ont accru de 13970,13 ha en 1987 à 17398,82 en 2002 et 39547,41 ha en 2002. Le milieu est perturbé avec un taux de déforestation de 1,12 % au cours des trente-cinq dernières années. Il est donc important qu’un plan de gestion participative soit mis en place pour sauver l’aire protégée.
Protected areas in Togo, such as the Oti-Kéran-Mandouri complex, were created to preserve biodiversity. In recent years, however, these areas have become increasingly degraded as they have been invaded by local populations for farming and other activities, creating a challenge for their preservation. It is in this context that this research aims to study the spatiotemporal variability of the Oti-Kéran-Mandouri complex. A remote sensing-based method was adopted to achieve this objective. It involved the acquisition of Landsat 5 TM images from 1987, Landsat 7 ETM+ images from 2002 and Landsat 8 OLI-TIRS images from 2022. Supervised classification of these images was used to produce land-use maps for these different dates, comprising six land-use units in accordance with the number of classes defined. Analysis of the landscape dynamics revealed the retreat of natural formations in favor of human settlements. Open forests and wooded savannahs fell from 43653.39 ha in 1987 to 17519.22 ha in 2002, an annual expansion rate of -6.09%, and to 2507.58 ha in 2022 (-9.72%). On the other hand, fields and enclaves increased from 13970.13 ha in 1987 to 17398.82 in 2002 and 39547.41 ha in 2002. The environment is disturbed, with a deforestation rate of 1.12% over the past thirty-five years. It is therefore important that a participatory management plan be put in place to save the protected area.